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Why, Mister Why? Iraq 2003-2004 / Geert van Kesteren

123,22 €

Avec ces images, Van Kesteren compose un ouvrage de plus de 250 photographies, imprimées sur du papier de magazine et entrecoupées de titres écrits en rouge sur des pages blanches, qui sont autant de chapitres, organisés de manière chronologique. Cet objet particulier porte le titre énigmatique et d’une magnifique simplicité de Why Mister, Why?

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EditeurArtimo
Date de publication2004
Format21,8 × 17 cm
Nombre de pages544
SpécificationsCouverture souple Première édition
Langue(s)Anglais, Arabe

Le 1er mai 2003, le Président Bush prononce, dans un discours controversé, la formule « Mission accomplished », pour désigner l’issue de la guerre en Irak et l’éviction de Saddam Hussein. Quelques jours plus tôt, le photojournaliste hollandais, Geert van Kesteren, partait pour Bagdad, envoyé par l’UNICEF, Newsweek et Stern. De ce séjour qui dura sept mois, Van Kesteren revient chargé de photographies douloureuses, dépeignant l’absurdité et la violence de ce conflit, mais aussi, en filigrane, le choc des cultures entre Orient et Occident, entre société moderne de l’ouest et monde islamique – un choc qui se déploie de manière particulièrement prégnante dans le conflit iraquien.

Avec ces images, Van Kesteren compose un ouvrage de plus de 250 photographies, imprimées sur du papier de magazine et entrecoupées de titres écrits en rouge sur des pages blanches, qui sont autant de chapitres, organisés de manière chronologique : « May 14, 2003. Iraqis Uncover Thousands in Mass Graves », « August 19, 2003. Bomb Blast Rips Through United Nations Headquarters in Baghdad », ou encore « December 15, 2003. We Got Him » - cet objet particulier portant le titre énigmatique et d’une magnifique simplicité de Why Mister, Why? Ces quelques mots sont, pour Van Kesteren, symboliques de ce conflit, dans la mesure où ils illustrent le fossé grandissant qui n’a cessé de se creuser, durant cette période, entre Américains et Iraquiens. En effet, ils étaient criés par ces derniers lors des actions des troupes américaines, qu’ils ne comprenaient pas – avant d’être repris par les soldats américains afin de ridiculiser le désespoir des Iraquiens qu’ils capturaient.

Geert van Kesteren dresse ainsi, avec cet ouvrage publié en 2004 par Artimo, et accompagné d’un essai du journaliste américain Michael Hirsh, un portrait complexe de l’Iraq sous occupation américaine. S’il se montre résolument critique vis-à-vis de l’effort de guerre américain, en dépeignant des soldats mal préparés à l’instabilité chaotique qui succède à l’idée que George Bush se faisait d’une « Mission accomplie », dont on ne voit le plus souvent que les boots militaires, photographiées à côté ou sur les corps d’Iraquiens maintenus au sol, les mains entravées, Van Kesteren ne se montre nullement vainement unilatéral. Il nous offre ainsi également des images de civils iraquiens, recueillis et écrasés par le désespoir, alors qu’ils vident un charnier hérité du régime de Saddam Hussein, mais aussi de femmes vêtues et voilées de noir pleurant leurs morts, de rues animées de Bagdad, abritant des hommes qui plaisantent entre eux ou des saxophones suspendus à un étalage, ou encore des photographies d’un soldat américain et d’une femme occidentale qui pleurent, la main sur le visage.

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