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Chauvet Pont-d'Arc, L'inappropriable / Raphaël Dallaporta

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EditeurXavier Barral
Date de publication2016
Format24 x 32 cm
Nombre de pages1er tome : 280 / 2ème tome : 80
SpécificationsCoffret, ouvrages reliés à la japonaise
Langue(s)Français
ISBN978-236-511-095

« L’inappropriable » qu’évoque Dallaporta, c’est peut-être cette impossibilité fondamentale de saisir intellectuellement – mais aussi, naturellement, matériellement – la grotte Chauvet-Pont d’Arc. On demeure écrasé par l’impression d’immémorial qui règne en ce lieu. Dès lors, la seule manière d’en transcrire la nature, c’est la tentative de le saisir de manière objective, presque scientifique, selon une approche fragmentaire familière au photographe.

En 2014, l’association pour la mise en valeur de la grotte Chauvet-Pont d’Arc organise avec le ministère de la Culture et de la Communication, un concours de photographes professionnels. Cette grotte ornée du Pont d’Arc, dite grotte Chauvet et située au cœur des gorges de l’Ardèche, a été naturellement préservée durant plus de vingt mille ans, avant d’être redécouverte en 1994. C’est le photographe français Raphaël Dallaporta qui séduit finalement le jury, avec son projet de « photographie archéologique ».

En effet, le photographe privilégie, depuis une dizaine d’années, une approche scientifique qui traverse, comme un fil rouge, tous ses projets. Marie Bardisa, conservatrice de la grotte Chauvet, évoque ainsi Fragile, le travail de Dallaporta sur les replis des organes du corps humain, pour le comparer avec celui effectué sur la grotte ornée, considérant que, de même, « il l’a scrutée sous tous ses plis et dans ses replis ».

Concrètement, Dallaporta imagine un protocole photographique qui nous plonge au cœur de la grotte, comme si on y entrait physiquement. Il décompose la grotte pour en recomposer les volumes, s’inspirant des projections cartographiques de la Terre sur un cuboctaèdre réalisées en 1946 par l’américain Richard Buckminster Fuller, inventeur du dôme géodésique. Il assemble ainsi en « patron » des panoramas elliptiques, qui sont le résultat de photographies successives des plafonds, des parois et des planchers, prises selon une rotation oblique.

Dallaporta a pour projet, en effet, de rendre compte en deux dimensions des volumes complexes et tortueux de la grotte, de suggérer qu’il existe un volume derrière les images planes. Le résultat consiste en un ensemble de photographies en noir et blanc, au cœur de formes géométriques. Les lignes droites et cassantes de ces figures, qui rappellent par ailleurs celles des passerelles qui sillonnent le lieu, contrastent alors fortement avec le tout autre type de formes qu’elles enserrent – celles de la grotte elle-même, ondulatoires et bouillonnantes, envoûtantes et mystérieuses par leur force tellurique.

Avec ce coffret composé de deux volumes, l’un consacré aux photographies à proprement parler et l’autre à des textes et des schémas, réalisé en collaboration avec Christophe Renard et publié chez Xavier Barral, Dallaporta réalise ainsi un objet complexe et particulier, à la croisée de la science, de la technique et du geste créatif.

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